Ce mois-ci, L’À-Propos se penche sur le thème de la “petite enfance”, et interroge les enjeux propres à l’organisation des modes d’accueil des bébés et à l’accompagnement médico-social de leurs familles. Qu’est-ce qui se joue derrière ce que beaucoup de parents décrivent comme un « parcours du combattant » ?
D’après l’Observatoire national de la petite enfance, la France comptait en 2023 : environ 2,1 millions d’enfants de moins de 3 ans pour 1,3 million de places d’accueil, collectif et individuel.
En septembre, Les Ogres, le livre-enquête du journaliste Victor Castanet “sur le système qui maltraite nos bébés”, a relancé le débat sur la gestion des crèches et le manque de régulation des groupes privés marchands, mettant en cause la responsabilité de l’Etat dans la dégradation du secteur. Ce dernier connaît une pénurie de professionnelles* sans précédent, avec une perte d’attractivité des métiers, quasi exclusivement féminins pour certains.
En novembre, le collectif de professionnelles Pas de bébés à la consigne a organisé une journée de grève nationale pour alerter leur toute nouvelle ministre, Agnès Canayer, et demander des actions en faveur de la qualité d’accueil des bébés et des conditions de travail des professionnelles.
Entre assurer le bien-être des enfants et simplifier la vie des parents, l’Etat doit trouver l’équilibre. La formation est une priorité, alors que le gouvernement a annoncé la création de 200 000 places d’ici 2030. L’élaboration d’un “référentiel qualité” serait en discussion.
Enfin, le “service public à la petite enfance” doit entrer en vigueur dès janvier 2025. Que cela va-t-il changer? Gouvernance territoriale, modes de financement et outils de contrôle, voilà les enjeux sur lesquels nous tenterons d’apporter un peu de lumière. On commence notre enquête par un entretien avec Gaëlle Fourcade, directrice d’une crèche associative à Lorient. CNAF, CAF, PMI, PSU, Paje, Cifam, EAJE, IGAS, SPPE… attention, nous voilà !
Ferdinand Caillot, Rédacteur en chef de L’À-Propos
*NDLR – Étant donné le caractère quasi exclusivement féminin des métiers du secteur, et bien que leur ouverture aux hommes soit un enjeu du débat, nous avons décidé de parler des « professionnelles« . À titre d’exemple, 99% des assistantes maternelles sont des femmes.
