En janvier, L’À-Propos interroge les politiques du logement. On en parle car l’air glacial de l’hiver vient nous rappeler que la précarité est toujours là. Et d’après la Fondation Abbé Pierre, elle augmente. Le 4 février, la publication de son 30e rapport sur l’état du mal logement en France risque de confirmer cette tendance.
Ces dernières semaines, l’occupation de la Gaîté Lyrique, à Paris, par près de 300 sans-abri, le passage dévastateur du cyclone Chido sur Mayotte ou encore la fin du procès de la rue d’Aubagne à Marseille, nous ont rappelé la valeur du “logement” et sa fragilité.
Une adresse c’est un statut social, des conditions de vie, une existence socio-juridique aussi, nécessaire pour travailler ou s’inscrire à l’école. Avoir un toit est un besoin vital : vivre à la rue, c’est mourir 30 ans plus tôt que le reste de la population…
Le logement c’est « un chez soi » : le foyer où l’on construit une famille et où on invite ses amis, le nid où l’on peut se reposer, la base d’où l’on peut repartir pour explorer le monde et s’engager. C’est la sphère privée, l’envers de la vie publique, d’une certaine manière ce qui la rend possible : elles sont liées, comme la dignité et la citoyenneté.
Mais c’est aussi une marchandise, un patrimoine. Devenir propriétaire est un cap dans la vie d’un ménage. C’est un investissement immobilier, souvent synonyme d’endettement ou d’héritage, avec toute sa charge affective.
C’est ici que l’on touche au nœud politique de la question du logement. Deux droits fondamentaux opposables s’y confrontent : l’accès au logement et le droit de propriété. Les politiques publiques doivent ainsi articuler dignité et jouissance, aider les locataires sans pénaliser les propriétaires.
Dans ce numéro, on examine les zones limites de la marchandisation du logement et la réponse des politiques publiques : mobilisation des logements vacants, financement des logements sociaux, ou encore régulation de Airbnb…
Entrez, entrez… on vous dit tout.
